Le 2 août, la transparence IA devient opposable
L'AI Act entre dans votre quotidien de cabinet, pendant que l'IA touche enfin le cœur du conseil.
N°32Cette semaine, la règle cesse d'être théorique. Depuis le 2 août 2026, la Commission européenne applique les nouvelles exigences de transparence de l'AI Act : vos chatbots doivent signaler qu'ils sont des IA, et tout contenu généré ou modifié par une IA doit porter un marquage lisible par machine. Aucun cabinet utilisant une IA générative face à ses clients n'échappe à ce cadre.
En parallèle, le barreau de Paris met à disposition un modèle de charte d'utilisation de l'IA directement réutilisable par les cabinets d'avocats, tandis que les régulateurs financiers (FINRA) et les outils métiers (souscription assurance, automatisation fiscale) déplacent l'IA de la périphérie vers le cœur de la décision. Le fil rouge : plus l'IA s'approche du conseil réglementé, plus votre responsabilité professionnelle se resserre.
Enfin, un déplacement stratégique se confirme côté visibilité : Google déploie ses AI Overviews sur google.fr depuis le 22 juillet, et un acheteur immobilier sur cinq passe désormais par l'IA avant de vous contacter. Le jugement humain, rappelle AllianceBernstein, reste le seul avantage durable quand les modèles deviennent une commodité.
5 métiers, 5 mouvements
AI Act : depuis le 2 août, vos chatbots et contenus IA face aux clients doivent se déclarer et se marquer.
Le barreau de Paris fournit un modèle de charte IA réutilisable ; en contentieux, la chronologie générée reste à vérifier.
Automatisation fiscale de bout en bout et compétences enregistrables : l'IA entre dans le flux du cabinet comptable.
Le workbench de souscription agentique intègre tarification, enrichissement et gouvernance dans un seul environnement.
Un acheteur sur cinq passe par l'IA avant de vous contacter, et Google déploie ses AI Overviews sur google.fr.
AI Act : depuis le 2 août, vos IA face aux clients doivent se déclarer
La Commission européenne a commencé à appliquer, au 2 août 2026, les nouvelles règles de transparence de l'AI Act. Concrètement, certains systèmes d'IA doivent informer l'utilisateur qu'il interagit avec une IA et non un humain. Les deepfakes — images, vidéos ou audio modifiés ou générés par IA — doivent être étiquetés, et tout contenu généré ou altéré par IA doit désormais comporter un marquage lisible par machine.
Pour un cabinet, l'enjeu est immédiat et pratico-pratique : chatbot d'accueil sur votre site, note de synthèse produite par IA, illustration générée pour un support client. Chacun de ces points de contact tombe potentiellement dans le champ. La Commission a d'ailleurs publié une première liste de plus de 180 organisations signataires du Code de conduite sur la transparence des contenus générés par IA. Lundi matin, l'exercice utile n'est pas juridique mais opérationnel : recenser où votre cabinet expose de l'IA au public, et vérifier que la mention et le marquage y figurent.
Ce qui s'est passé et ce que vous en faites
AI Act : les obligations de transparence sont opposables depuis le 2 août
Depuis le 2 août 2026, certains systèmes d'IA doivent informer l'utilisateur qu'il interagit avec une IA et non un humain.
Les deepfakes et tout contenu généré ou modifié par IA doivent porter un marquage lisible par machine.
La Commission a publié une première liste de plus de 180 organisations signataires du Code de conduite sur la transparence des contenus générés par IA.
Le barreau de Paris publie un modèle de charte IA pour cabinets
Le barreau de Paris adopte un modèle de charte d'utilisation de l'IA à destination des cabinets, prêt à adapter.
En contentieux, l'IA commence à organiser les faits et dates d'un dossier — utile, mais dangereux si l'avocat confond chronologie générée et vérité du dossier.
LexisNexis intègre les modèles Mistral à sa plateforme d'IA juridique.
Automatisation fiscale et compétences enregistrables entrent au cabinet comptable
Canopy a lancé une automatisation de mission fiscale de bout en bout, de la collecte des documents à la remise, au sein de sa plateforme de gestion de cabinet.
Claude Cowork enregistre écran et voix pendant une tâche pour créer une compétence réutilisable qui automatise ce travail.
KPMG s'est associé à OpenAI pour développer des logiciels IA-natifs destinés aux entreprises.
Le workbench de souscription agentique déplace la décision dans l'outil
Un workbench de souscription regroupe soumissions, données, tarification, approbations et flux dans un seul environnement.
Les workbenches agentiques visent à améliorer la décision de souscription : tarification, enrichissement, gouvernance et contexte portefeuille dans un environnement unique.
En complément, une app ChatGPT (Brokly) compare une police ou un devis aux exigences légales pour repérer les lacunes de couverture.
Un acheteur sur cinq passe par l'IA, et Google réécrit votre visibilité
Un acheteur potentiel ou propriétaire sur cinq (20 %) a eu recours à l'IA pour ses recherches immobilières, jusqu'à 32 % chez la génération Z.
L'IA reste concentrée sur la phase initiale et informative, sans remplacer le professionnel aux moments décisifs.
Depuis le 22 juillet 2026, Google déploie les AI Overviews et l'AI Mode sur google.fr, avec une couverture complète attendue d'ici fin septembre 2026.
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Ce qui n'est pas encore une actu mais le deviendra
Le régulateur financier américain FINRA précise ce qu'est un agent IA : un système capable d'exécuter et d'accomplir des tâches de manière autonome, sans intervention humaine, en planifiant, décidant et agissant pour atteindre un objectif. Elle liste les risques : autonomie sans validation humaine, périmètre d'autorité, auditabilité et sensibilité des données.
Pour un banquier privé ou un gestionnaire d'actifs, c'est une grille de veille transposable : les attentes ACPR/AMF sur la supervision humaine des agents IA se dessinent ici. À intégrer dès maintenant dans votre gouvernance IA.
Andrew Chin, directeur de l'IA chez AllianceBernstein, rappelle que l'IA suivra le chemin du tableur ou des données alternatives : un avantage aux premiers adoptants, puis un outil standard accessible à tous. À terme, tout le monde disposera de modèles comparables.
Ce qui distinguera les cabinets, c'est le jugement : quelles données on privilégie, quelles questions on pose. Un recul lucide pour ne pas surpayer un « avantage technologique » qui s'érode.
Les premiers outils IA en gestion de patrimoine sont restés en périphérie : prise de notes, triage de boîte mail, recherche prospect. Personne n'est poursuivi parce qu'un compte rendu de réunion a manqué de nuance. WealthStream, lui, a visé le conseil financier lui-même.
La leçon pour un CGP : dès que l'IA produit des recommandations d'investissement, le risque de conformité s'engage à votre nom. Un écran rempli de recommandations ne dispense pas du jugement du conseiller.
KPMG s'est associé à OpenAI pour développer des logiciels IA-natifs destinés aux entreprises. Un signal d'industrialisation qui descendra vers les cabinets de taille intermédiaire.
Pour un expert-comptable, l'intérêt n'est pas la marque mais la trajectoire : les logiciels métiers intègrent des briques IA, et les tâches périphériques (comptes rendus, synthèses, recherche documentaire) sont déjà outillables.
L'OCDE a développé une méthode de mesure en temps réel de l'usage des chatbots IA à partir du trafic web (ChatGPT, Claude, Gemini). L'indicateur est passé d'environ 18 % de la population en janvier 2025 à 28 % en janvier 2026 dans les pays du PMIA.
Base factuelle utile pour un CGP : vos clients utilisent l'IA avant de vous voir. Calibrez votre relation digitale en conséquence, sans surestimer un chiffre centré sur l'usage grand public.